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Contexte


Le projet " Chevêche " de l'association a été mis en place dans le cadre de la " Charte forestière de Territoire " du Pays Forêt d'Orléans Val de Loire. L'idée étant de travailler sur une espèce emblématique des milieux que l'on souhaite protéger. Cette réflexion sur les espèces patrimoniales est née de la nécessité de conserver, en périphérie de la forêt d'Orléans, des zones gérées de façon extensive, propices aux espèces sauvages.

En effet, la richesse écologique de la forêt d'Orléans est liée à la qualité de ses marges et il est essentiel de conserver en l'état, voire de restaurer, ces " zones périphériques fonctionnelles ". Il s'agit de prairies, friches, landes, bocages, bosquets, cultures extensives. Ces milieux sont d'une importance capitale comme zones d'alimentation pour les rapaces de la forêt d'Orléans, Aigle botté, Autour des palombes, Bondrée apivore, Busard Saint-Martin, Circaète Jean-le-Blanc, Epervier d'Europe, Faucon hobereau... car elles accueillent quantité d'insectes, de reptiles, de passereaux ou de petits mammifères.

Toutefois, pour conserver de tels milieux, souvent en marge des impératifs de rentabilité de l'agriculture actuelle, il est intéressant de concentrer ses efforts sur quelques espèces emblématiques, représentatives des milieux à préserver.
C'est le cas de la Chevêche pour les prairies et les bocages.

 

Carte d’identité

Pola cheveche dathena


Taille : 23-27 cm

Envergure : 54-58 cm

Poids : 160-180g

Longévité : Une dizaine d'années environ

Plumage : Petite chouette trapue, avec une grosse tête ronde un peu aplatie. Brunâtre dessus avec des taches blanches, blanchâtre dessous avec des rayures brunes. Disque facial et sourcils blanchâtres, donnant à l'oiseau une expression sévère. Yeux jaunes. Le plumage est identique pour le mâle et la femelle..

Dimorphisme sexuel : Le mâle est plus petit et plus léger que la femelle.

Alimentation : Petits mammifères et oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes, en particulier les coléoptères, les orthoptères... Son régime alimentaire varie selon les saisons.

Comportement : La Chevêche chasse principalement depuis un perchoir. Elle chasse le plus souvent au crépuscule, 1 à 2 heures après le coucher du soleil et avant le lever du jour. En été, on peut la voir chasser en pleine journée.

Statut de protection : Protégée au niveau national. Figure à l'Annexe II de la Convention de Berne (espèces de faune strictement protégées), à l'Annexe II de la Convention de Washington (espèces vulnérables dont le commerce est strictement réglementé) et à l'Annexe C1 du règlement communautaire CITES (espèces menacées d'extinction dont le commerce à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE est interdit, sauf dans des conditions exceptionnelles).

Répartition dans le Loiret : C'est en Puisaye, dans le Gâtinais, sur les marges de la forêt d'Orléans, dans le Val de Loire et, sporadiquement, en Beauce qu'on la rencontre préférentiellement.

 

Menaces


Modification des milieux

Oiseau lié au paysage rural traditionnel, la Chevêche d'Athéna est victime de la destruction de son habitat (abattage des arbres, disparition des prairies, des vergers et des haies), de la diminution de ses proies (notamment des gros insectes) à cause de l'utilisation intensive des pesticides. De plus l'utilisation de certains vermifuges pour bétail à des conséquences néfastes pour la faune coprophage qu'elle consomme.

Les abreuvoirs

On constate qu'un grand nombre de jeunes se noient dans les abreuvoirs à bétail. Les bords, abrupts et lisses, ne permettent pas, aux oiseaux tombés accidentellement, de s'agripper pour sortir.

La circulation routière 

La Chevêche, comme beaucoup d'autres espèces (rapaces nocturnes, batraciens, hérissons...), est victime de collisions avec les voitures. Ce problème touche aussi bien les jeunes que les adultes (ils chassent sur les accotements). Cette sensibilité à la circulation routière est due à leur type de chasse, caractérisé par un vol de faible altitude, d'un perchoir à un autre. De plus, l'espèce affectionne les végétations rases où la chasse est plus facile. Les talus ou fossés routiers fauchés au printemps deviennent ainsi des milieux attractifs... mais dangereux.

La prédation

La fouine est un prédateur important de la chevêche. Elle réussit à rentrer dans les cavités où niche la chouette et mange les œufs ou les jeunes.

Les poteaux métalliques creux

Les poteaux téléphoniques creux sont de véritables pièges pour cet espèce cavicole qui, une fois à l'intérieur, ne peut en ressortir et il meurt prisonnier. Une expertise a montré qu'au moins 10% des poteaux non obturés sont visités par les chouettes et, par conséquent, pourraient s'avérer mortels.

Les cheminées

Les jeunes chevêches utilisent les cheminées comme gite diurne et finissent par tomber au fond des conduits.


Notre action

 

Etude de la répartition autour de la forêt d’Orléans

Plusieurs points d'écoute ont été placés (un point d'écoute par cercle de 250 mètres de rayon) en veillant à adapter l'écoute au terrain (en évitant, par exemple, les grandes étendues agricoles dépourvues d'arbres creux ou l'intérieur des massifs forestiers). La Chevêche chantant relativement peu spontanément, la méthode dite " de la repasse " a été utilisée. Il s'agit de diffuser à l'aide d'un magnétophone le chant d'un mâle pour provoquer une réponse positive de la chevêche. La repasse commence 30 minutes après le coucher du soleil, jusqu'à minuit environ. Elle se fait par temps clair et sans vent.
Chaque réponse (chant du mâle, cris) est soigneusement notée sur carte au 1 :25000e . Les résultats de la repasse sont ensuite interprétés pour déterminer les différents territoires occupés.

 

Habitats occupés

Afin de mieux connaître les milieux utilisés par la Chevêche, une fiche de description de l'habitat a été établie.
Elle comprend :
• Les coordonnées du site occupé
• La description du nid (naturel ou nichoir), le type de support (arbre, bâtiment, tas de bois...), sa hauteur par rapport au sol, la profondeur de la cavité, l'exposition de l'entrée, nidification antérieure ou non
• La description de l'environnement proche : distance du nid au premier chemin, à la première habitation, présence ou non de perchoirs et quel type
• La description de l'environnement large (rayon de 500m) : description des différents milieux environnants ainsi que leurs proportions, diagramme de répartition des milieux en pourcentage
• Les facteurs de déclin potentiels : présence de prédateurs, d'installations anthropiques néfastes (voies de circulation, cheminées, abreuvoirs...), anciens cas de mortalité connus


Il en ressort que les milieux où l'on peut observer la Chevêche sont certes très variés mais présentent toutefois des similitudes. Il semble notamment qu'elle puisse occuper deux types d'habitats complètement différents : sur les treize territoires identifiés, neuf sont majoritairement composés de pâtures (34%) et de prés de fauches (23%) tandis que les quatre derniers se composent aux trois-quarts de cultures intensives, ce qui n'est en théorie pas compatible avec les exigences éco-éthologiques de l'espèce.

Cet environnement de cultures est peu décrit dans la littérature. Les cultures ne constituant pas des zones de chasse pour la Chevêche, il semble que, dans certains cas, la surface en bâtiments agricoles, avec les zones enherbées qui les jouxtent, est assez grande pour que l'espèce puisse chasser sur place.


Le projet sur les Espèces porte-étendard

La première cause de disparition de la chouette chevêche est la disparition de son habitat. En effet, suite au remembrement, dont l'objectif est d'agrandir des parcelles cultivées, des centaines de linéaires de haies ont été détruits. C'est dans ces haies qu'on retrouvait un grand nombre d'arbres à cavités. Le remembrement a également fait disparaître la quasi-totalité des prés, vergers et prairies, qui sont dorénavant cultivés. Quand on sait que la Chevêche niche majoritairement dans ces vieux arbres et qu'il faut entre 20 et 50 ans pour reconstituer des cavités favorables, il est impératif d'agir dès à présent pour la préservation de nos derniers bocages. Il faut également sensibiliser les agriculteurs et propriétaires pour entreprendre avec eux des actions concrètes. C'est l'objet du projet de l'association sur les espèces porte-étendard.

Un vaste projet de recensements, diagnostics en milieu agricole, concertation avec les différents acteurs (naturalistes, agriculteurs, propriétaires, communes, randonneurs...), plantation d'arbres fruitiers, installation de nichoirs, sorties, animations... a été mis sur pied par l'association depuis 2014.

 

 

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