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Contexte

 

Autrefois largement répandu en Europe, le balbuzard pêcheur, a vu ses effectifs décliner fortement au cours du 19ème siècle, principalement à cause des persécutions humaines.

Il est alors devenu rare en France continentale, sa présence étant principalement signalée au printemps et en automne, lors des passages migratoires. Le balbuzard pêcheur n'a probablement jamais cessé de fréquenter la Forêt d'Orléans mais il n'y a plus niché pendant plusieurs décennies.

En 1984, un premier nid est découvert à l'étang de Ravoir, dans le massif de Lorris. Le couple ne donnera naissance à aucun jeune cette année là, mais en 1985, deux jeunes prendront leur envol. C'est le début de la forte implication de l'association pour la protection et le suivi de ce rapace emblématique de la Forêt d'Orléans.

graphe effectif bbz actualisé

carte repartition balbuzard

 

Carte d’identité


Pola Balbuzard pecheurTaille : 55 à 62 cm

Envergure : 1,45m à 1,75m

Poids : 1,4 kg à 2.0 kg

Longévité : 25 à 30 ans maximum

Dimorphisme sexuel : en plus du poids et de la taille (la femelle est plus grande et plus lourde), quelques subtiles différences dans la coloration du plumage permettent de distinguer le mâle de la femelle.

Plumage : tête blanche avec un bandeau noir sur l'œil ; dos brun sombre ; ventre et dessous des ailes blancs.

Alimentation : piscivore, il se nourrit exclusivement de poissons.

Biologie de la reproduction : espèce migratrice qui vient se reproduire en France continentale dès la fin février. Age de la première reproduction : 3-7 ans. Les nichées comportent de 1 à 4 jeunes, qui naissent généralement dans le courant du mois de mai et prennent leur envol à l'âge de 7 à 8 semaines.

Répartition : Présent dans tous les continents sauf en Antarctique. En France, en 2016, il est présent dans 9 départements sur 6 régions (Centre Val de Loire, Corse, Pays de Loire, Ile de France, Lorraine et Bourgogne). En expansion, il a commencé à s'installer dans d'autres régions : Ile de France, Lorraine, Bourgogne, Pays de Loire...

Statut de protection : Strictement protégé par la loi française. Inscrit à l'Annexe I de la Directive Oiseaux, à l'Annexe II de la Convention de Berne, à l'Annexe II de la Convention de Bonn, à l'Annexe II de la Convention de Washington et Annexe C1 du Règlement communautaire CITES.

 

Habitat et reproduction

 

Le balbuzard pêcheur se reproduit principalement dans les régions froides ou tempérées de l'hémisphère Nord. Il passe l'hiver dans les régions chaudes (Afrique subsaharienne, Amérique centrale et du Sud notamment...). Il est aussi présent comme reproducteur en Europe méridionale et orientale, en Asie du Sud-Est et sur les côtes de l'Australie. Grands migrateurs, les oiseaux de France continentale vont passer l'hiver sur les côtes africaines, de la Mauritanie au Gabon, peut-être plus au Sud. Certains peuvent s'arrêter dans le bassin méditerranéen (Sud de l'Espagne et du Portugal, îles Baléares...).
Les cas d'hivernage augmentent et, chaque année, des balbuzards sont signalés sur les côtes atlantiques françaises en décembre et janvier.

Dans nos régions, le balbuzard fréquente les lacs, les étangs, les cours d'eau et les côtes marines (Corse). Les grands pins tabulaires de 15 à 35 mètres, situés en lisière de forêt ou dans une éclaircie, sont particulièrement recherchés pour la construction du nid.
L'aire d'un balbuzard est un imposant tas de branches mortes, accumulées au fil des ans. Elle est toujours construite au sommet d'un arbre dominant procurant un champ visuel de 360°. En 2006, un nid sur un pylône Rte a été observé et, depuis lors, ce ne sont pas moins de sept couples qui ont choisi de construire leur aire sur des pylônes haute tension (chiffres 2016). En Corse les nids sont construits sur les falaises et les pitons rocheux du littoral.Les balbuzards peuvent s'installer jusqu'à une vingtaine de km des zones de pêche.
Il défend énergiquement son aire, mais n'est pas du tout territorial sur ses zones de pêche. Il fait également preuve d'une grande fidélité à son site de nidification. S'ils ont la chance de rentrer vivants de migration, les partenaires du couple se retrouvent ainsi chaque année pour la reproduction.

C'est dans le courant du mois de février, que l'instinct de reproduction fait revenir de leurs lieux d'hivernage la majorité des balbuzards. En forêt d'Orléans, les tout premiers oiseaux sont généralement aperçus à la fin du mois.  

Dès que les couples sont formés, les oiseaux entreprennent de recharger leur nid. Les vents forts ou les tempêtes de l'jeunes balbuzardhiver ont généralement entraîné quelques dégâts à l'édifice ! Ce travail peut durer 15 jours.La femelle pond 1 à 3 œufs, rarement 4, dès le début du mois d'avril. Dès le début de la couvaison (qui commence à la ponte du 1er œuf), la répartition des rôles est claire : la femelle s'occupe de la couvée et le mâle du ravitaillement. La femelle ne quitte donc jamais le site de reproduction. En revanche, le mâle peut la relayer sur le nid, pour qu'elle puisse aller se détendre ou consommer le poisson quoeuf balbuzard'il vient de lui apporter. Lorsqu'elle a faim, elle incite le mâle à aller pêcher par d'insistantes séries de cris aigus.

Dès la naissance du premier poussin, elle reste sur le nid et c'est en général elle qui dépèce le poisson et donne la becquée, tout en se nourrissant elle-même.

L'incubation dure de 35 à 40 jours. Ensuite, les jeunes passeront plus de 6 semaines à l'abri de leur mère, qui les protège du soleil, de la pluie, de la grêle ou des prédateurs à l'affut (corneilles).
Ils prennent généralement leur envol début juillet. Après l'envol, les jeunes oiseaux apprennent progressivement à pêcher mais continuent à être ravitaillés sur le nid pendant plus d'un mois. A la fin août, ils quittent le territoire natal et entament leur migration.


Menaces et mesures de protection


Les activités humaines : principales menaces pour le balbuzard

Compte tenu de ses faibles effectifs, le balbuzard est toujours considéré comme "vulnérable" (Liste Rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine, 2008). Mais l'expansion de l'aire de répartition en France indique qu'il est clairement entré dans une phase d'essaimage et que la recolonisation est en marche.

La plus grande menace reste l'activité humaine :balbuzard electrocuté

• Dérangements ; les adultes dérangés s'envolent. En période de reproduction (mars - juin), c'est très grave car les œufs ou les jeunes sont alors exposés au froid, au soleil ou, pire, aux prédateurs. Respectez donc une distance d'au moins 300 mètres avec le nid !
• Percussion ou électrocution avec des lignes électriques, c'est actuellement une des principales causes de mortalité
• Tir illégal d'individus venant trop fréquemment pêcher dans une pisciculture
• Destruction involontaire d'un nid dans le cadre d'opérations sylvicoles
• Contamination par les poissons consommés
• Empêtrement dans les lignes de pêche ou les filets protégeant les bassins de pisciculture
• Diminution du nombre de sites de reproduction favorables, à cause de la présence humaine

 

Statut réglementaire : une protection absolue

Au niveau international, l'espèce figure :

• Annexe I de la Directive Oiseaux -> des " zones de protection spéciale " doivent être désignées pour protéger ses habitats.
• Annexe II de la Convention de Bonn -> le balbuzard est reconnu comme une " espèce migratrice dans un état de conservation défavorable nécessitant l'adoption de mesures de conservation et de gestion appropriées ".
• Annexe II de la Convention de Berne -> le balbuzard est une espèce strictement protégée dans toute l'Europe.

En France, la loi du 10 juillet 1976 protège tous les rapaces : la destruction des oiseaux, des œufs et des nids est interdite, ainsi que leur transport, leur vente et leur naturalisation.... Les activités interdites et considérées comme des délits sont énumérées à l'article L 411-1 du Code de l'Environnement et passibles du tribunal correctionnel. L'article L 415-3 prévoit des sanctions (6 mois de prison et/ou 9000 € d'amende).

Le " Plan national d'Action " (PNA) reste l'outil le plus concret sur le terrain pour la sauvegarde du Balbuzard. En 1999 le Ministère de l'Environnement lançait le premier " Plan National de Restauration du Balbuzard pêcheur ", afin de mutualiser et de prolonger les actions de conservation et de sensibilisation déjà entreprises localement en faveur de l'espèce.


Plan National d'Actions 2017 - 2022

 

Le suivi des populations en région Centre-Val de Loire

Baguage Ravoir balbuzard

 

Depuis 1995, un programme de baguage des jeunes nés en région Centre a été engagé par Rolf Wahl sous l'égide du C.R.B.P.O. (Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d'Oiseaux). Les jeunes des nids accessibles sont bagués à l'âge de 6-7 semaines juste avant l'envol ; ils sont équipés d'une bague métallique du Muséum National d'Histoire Naturelle et d'une bague colorée permettant de les reconnaître individuellement.

Possible jusqu'à une distance de 300 mètres avec une longue-vue performante, la lecture des bagues colorées a déjà permis d'engranger une somme d'informations considérable sur la biologie des balbuzards (évolution de la population, fidélité au site de reproduction, comportements et relations entre les individus, lieux de pêche, taux de survie et âge de retour des jeunes, localisations lors des trajets migratoires ou sur les quartiers d'hiver ...).

 

 

 

Notre action

 

L'accueil à l'observatoire du Ravoir

Dès l'apparition du premier couple reproducteur en forêt d'Orléans en 1984 (à l’étang du Ravoir), l'association a joué un rôle essentiel pour la conservation de l'espèce avec de nombreux autres partenaires dont l’ONF. Nous avons participé activement au suivi et à la surveillance du premier nid puis de ceux qui lui ont succédé. LNE est évidemment fortement impliquée dans la mise en œuvre des Plans Nationaux d'Action mis en place depuis 1999.

L'action principale qui nous est confiée, concerne l'accueil du public (près de 2 000 personnes accueillies chaque année en forêt), l'éducation et la sensibilisation sur le site de l’observatoire du Ravoir.

Depuis sa création en 1996 par l'ONF, l'observatoire du Ravoir est en effet devenu un lieu incontournable et unique en France, pour ceux qui veulent découvrir la vie d'un couple de balbuzards en période de reproduction, et cela sans perturber les oiseaux.

Observatoire du Ravoir le 11 11 08 014 PM      plan acces

Nous vous donnons rendez-vous tous les dimanches après-midi à partir de 15h, de mars jusqu'au mois d'août. Une longue vue est mise à disposition des visiteurs par un de nos animateurs qui se fera un plaisir de répondre à toutes vos questions.
En dehors de ces permanences, l'observatoire est accessible en visite libre.

 

ATTENTION :

L'attitude responsable de tout admirateur de balbuzards, photographe ou non, est de ne pas s'approcher d'un nid, de renoncer à une aléatoire photo faite de près et de s'éloigner rapidement en cas de dérangement involontaire...
L'observatoire a été spécialement mis en place par l'Office National des Forêts pour permettre à chacun de découvrir le balbuzard dans de bonnes conditions, sans déranger les oiseaux.
Faites-le savoir autour de vous et profitez-en !


Pour bénéficier éventuellement de séances d'accueil en dehors des dimanches de permanence, nous contacter.

Et, si vous ne pouvez-vous rendre sur place... La galerie de photos prises en digiscopie de Francis Couton et les rubriques sur la vie du Ravoir rédigées par notre bénévole Gilles Perrodin vous permettront de tout savoir, comme si vous y étiez ! PAR ICI !

Pour en savoir plus :

 

Nos autres actions

L’association s'est également fortement impliquée, dès la première heure, pour chercher à améliorer les connaissances scientifiques sur l'espèce.

  • Surveillance des couples reproducteurs, principalement dans le massif de Lorris, en liaison avec Rolf Wahl, responsable du baguage des jeunes au nid ; observations comportementales.
  • Participation à la réflexion, menée sous l'égide de la DREAL, concernant l'installation de nacelles métalliques sur les pylônes HT (depuis 2006).
  • Participation à l'étude du régime alimentaire du balbuzard, pilotée par le Muséum d'Orléans, en partenariat avec l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques et l'Université de Liège (2008). Enquête auprès des piscicultures pour mesurer l'impact éventuel du balbuzard (2009).
  • Co-organisation du colloque international avec le Muséum d’Orléans et la Ligue de la Protection des Oiseaux, en septembre 2013 (11 pays représentés). Au cours des 3 jours, le colloque a alterné communications scientifiques, conférences grand public et sorties de terrain afin de faire le bilan des connaissances acquises à l’issue des 2 Plans Nationaux d’Actions.
  • Appui à la rédaction d’un ouvrage de synthèse sur le balbuzard (en 2013) avec le Muséum d’Orléans et Catiche Productions (coordinateur de la publication), qui a été publié dans la collection « Histoire d’une sauvegarde ». L’objectif était de présenter, dans un livre richement illustré, les connaissances acquises au cours des deux plans d’actions successifs. La plaquette de 32 pages est en vente sur le site de Catiche Productions.

 COUV Livre


Le projet « Objectif Balbuz@ard »

 

logos objectifs balbu

Grâce aux nouvelles technologies, un ambitieux projet de modernisation de l’accueil du public à l’Observatoire du Ravoir est en cours d’élaboration. Le projet comprend l’installation d’une nouvelle caméra (l’ancienne caméra installée au début des années 2000 et envoyant ses images dans la Maison Forestière du Carrefour de la Résistance puis en direct au Muséum d’Orléans entre 2010 et 2013 étant désormais obsolète) à proximité de l’aire du Ravoir. D’autres nids sont également filmés ; en effet, Rte (Réseau de transport d’électricité), partenaire du projet, a installé en février 2016 des caméras sur deux pylônes en Sologne.

Une convention de partenariat entre l’ONF, LNE, Rte et la Ville d’Orléans a été signée le 21 mai 2016 en présence de la Secrétaire d’Etat à la biodiversité, Barbara Pompili, pour sceller cette mise en commun de compétences en faveur d’une des espèces les plus emblématiques de la région Centre Val de Loire.

signature convention PM

Dès à présent, vous pouvez suivre en continu les nids filmés sur les pylônes RTE : Par ICI !

 

Découvrez le film « Objectif Balbuz@ard »

Ce projet est important pour la sensibilisation à une espèce qui reste rare en France et vulnérable. Il faut savoir que des cas de braconnage sont encore à déplorer chaque année... Et le balbuzard reste un porte-étendard de choix pour sensibiliser grand public et gestionnaires à la gestion forestière et à la préservation des richesses de nos cours d’eau.

 

caméra Balbuzard nid

 

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