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Contexte

 

La France possède la plus grande richesse en Odonates d’Europe, elle a donc une responsabilité particulière quant à la préservation de ces insectes. On distingue deux sous-ordres dans ce groupe :

- Les zygoptères : agrions ou demoiselles, se distinguent par leurs ailes qui, une fois posées, sont repliées au-dessus du dos dans l’axe du corps.
- Les anisoptères : les « vraies libellules » dont font partie les gomphidés, se distinguent facilement des zygoptères, car, contrairement à eux, une fois au repos leurs ailes restent déployées.

Afin de mieux connaître et de mieux protéger ces espèces fragiles, un Plan National d’Action (PNA) en faveur des Odonates a été mis en place, décliné au niveau de la Région Centre-Val de Loire, en un Plan Régional d’Action (PRA).

Plan Régional d’Action en région Centre 2013-2017

La réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin est directement impliquée dans cette démarche puisque la Loire est l’habitat principal de deux espèces rares de Gomphidés en France : Gomphus flavipes (ou Gomphe à pattes jaunes) et Ophiogomphus cecilia (ou Gomphe serpentin).

 

Carte d’identité

 

Gomphe à pattes jaunes (Gomphus flavipes)

Pola Gomphe à pattes jaunes

Taille :
Longueur totale de l’adulte : 50 à 55 mm
Longueur de l’abdomen : 37 à 42 mm
Envergure : 60 à 70 mm

Longévité : La phase larvaire dure en moyenne de 2 à 4 ans, la phase adulte est d’environ 5 mois.

Description de la larve : La larve se développe de préférence dans des zones où le courant est ralenti. Elle affectionne les substrats sableux. Elle a une taille supérieure ou égale à 32 mm. Il est difficile de la confondre avec une autre espèce.

Description de l’imago (adulte) : L’adulte du Gomphe à pattes jaunes est le plus grand et le plus élancé des Gomphes de France. Cette espèce se distingue par les dessins sur son thorax ainsi que par ses pattes jaunes rayées de noir.

Statut de protection : Gomphus flavipes est concernée par l’annexe IV de la Directive Habitat Faune Flore et l’annexe II de la convention de Berne.

 

 

 

Gomphe serpentin (Ophiogomphus cecilia)

Pola Gomphe serpentinTaille :
Longueur totale de l’adulte : 50 à 55 mm
Longueur de l’abdomen : 37 à 42 mm
Envergure : 60 à 72 mm

Longévité : La phase larvaire dure en moyenne de 2 à 4 ans, la phase adulte est d’environ 4 mois (de juin à septembre).

Description de la larve : La larve a une forme plutôt large et aplatie. Au dernier stade, sa taille est supérieure ou égale à 27 mm. Elle se distingue des autres larves par ses épines latérales sur les segments 7 à 9 et possède aussi des épines dorsales sur les segments 2 à 9.

Description de l’imago (adulte) : Le Gomphe serpentin est tricolore : vert, jaune et noir. La face et le front sont jaunes. Le thorax est vert vif avec des lignes noires, étroites. L’abdomen est noir avec des taches jaunes, lancéolées. Les pattes sont jaunes à fines lignes noires.

Statut de protection : Ophiogomphus cecilia est concernée par les annexes II et IV de la Directive Habitat Faune Flore et l’annexe II de la convention de Berne.

 

 

Cycle de vie et habitat

 

Lors de la ponte, les œufs sont lâchés au-dessus de l’eau. Pendant deux à quatre ans, les larves aquatiques se nourrissent de phytoplancton et zooplancton, puis de petits animaux aquatiques. Une fois leur croissance terminée, les larves sortent de l’eau pour effectuer leur dernière mue et se transforment ainsi en « imago » : la libellule adulte capable de voler et de se reproduire. Pour se nourrir, ces prédatrices, comme toutes les libellules, capturent des insectes plus petits en vol.

Ces espèces, avant tout liées aux milieux aquatiques de par leurs stades larvaires, ont tout autant besoin d’un fond sédimentaire créé par une dynamique fluviale naturelle pour se développer, que de berges végétalisées pour entreprendre la dernière partie de leur cycle de vie. Elle se trouve surtout dans les vallées alluviales de plaine avec des portions de fleuve ou de grande rivière soumises à de fortes variations. Au stade larvaire, l’habitat optimal est lié à des zones de profondeur peu importante proches du rivage où le courant est ralenti avec un substrat sableux (grains moyens à grossiers) pour qu’elles puissent s’enfouir afin d’achever leur développement. Une fois adultes, elles restent aux alentours de points d’eau variés pour trouver un(e) partenaire.

exuvie ophiogomphus cecilia

 

Menaces et mesures de protection

 

Ces espèces sont strictement protégées en France mais aussi en Europe.
On constate que ces espèces sont en forte régression dans la plupart des pays européens. En causes, les activités anthropiques qui perturbent les milieux favorables au bon développement larvaire de ces deux espèces d’odonates. Dans ces multiples perturbations, on retrouve la pollution et l’aménagement des cours d’eau et des berges, mais aussi tout autre aménagement perturbant la dynamique fluviale naturelle (l’extraction de granulat par exemple) néfaste à la création de micro-habitats.

 

Notre action

 

L’objectif principal est d’améliorer la connaissance sur la biologie, l’écologie et la phénologie d’émergence de Ophiogomphus cecilia et Gomphus flavipes.
L’action consiste à faire une recherche ciblée des exuvies de ces espèces de gomphidés. Elle s’inscrit dans une opération à l’échelle de la Loire moyenne coordonnée par l’ANEPE Caudalis (Tours).

Suivi des Gomphidés de la Loire – Présentation du contexte

Un protocole de suivi a été mis en place à l’échelle du bassin de la Loire permettant à la fois de mieux connaître l’écologie des espèces suivies, de disposer de tendances d’évolution des populations (en répartition et en abondance) et de disposer d’informations sur les habitats préférentiels des espèces et leur évolution qualitative et quantitative.


L’application du protocole de suivi des gomphidés a lieu depuis 2015 sur la réserve naturelle de Saint-Mesmin (Loiret) où les deux espèces sont présentes. Chaque année, des mailles contenant au moins 100 mètres de berges sont tirées au sort et 4 relevés par maille sont réalisés entre le 15 mai et le 15 juillet avec un intervalle minimum de 10 jours entre chaque relevé.
La récolte des exuvies se fait le long d’un transect en suivant la ligne d’eau sur l’intégralité de la berge incluse dans la maille sélectionnée. Les relevés sont réalisés par beau temps et avec des niveaux d’eau stable ou en baisse.

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